Viande synthétique, produite sans animaux : ça vous dit?

« La viande sans animaux, c’est comme les salades produites en ville dans des hors-sol verticaux : quelle saveur? Quel coût de production ? ». Christiane Lambert, présidente de la Fnsea, doute. Marc Post, chercheur à l'Université de Maastrich et créateur de la viande synthétique répond : il faudra nourrir la planète. Qu'en pense les consommateurs?

La viande synthétique fait hésiter
La viande synthétique fait hésiter

Les insectes, la spiruline et la viande sans animaux, c’est marrant. Pas un salon sur l’alimentation où ils ne soient présentés comme des aliments du futur ! Ces nouveaux aliments ça vous dit ? Le débat a fait mouche, lors du Nantes Food FOrum 2017, qui réunissait producteurs, chercheurs et consommateurs le 3 juin dernier.

Il faudra nourrir la planète

L’idée de départ est tout à fait intelligente : avec de plus en plus de monde à nourrir sur notre planète, il faut innover. Nos régimes alimentaires d’occidentaux ne se reproduiront pas à l’infini, la planète ne pourra y pourvoir sous la forme actuelle de nos cultures et de nos élevages. La spiruline, une algue très riche, les insectes et leur teneur en protéines, les steaks produits sans animaux… Toutes les idées sont bonnes à prendre. Les deux produits cités plus haut sont déjà au point. Aujourd’hui, leurs développeurs s’acharnent surtout à trouver et des recettes qui nous fassent envie…

Viande synthétique à contre-culture

 Pour la viande produite sans animaux, c’est moins facile. Conçue par culture de cellules in vitro, elle a été scientifiquement présentée par Marc Post, Chercheur à la Maastrich Universtity, lors du Nantes Food Forum, début juin à Nantes. Public médusé devant la vidéo ultra-réaliste présentée à ce forum ! Impressionnés par la technologie biologique, les consommateurs restent dubitatif sur la saveur et la consistance d’une telle… matière. Peu de questions dans la salle, après tout, l’inquiétude ne porte pas sur la sécurité alimentaire, on se doute que les travaux menés à l’Université de Maastrich ont été entrepris avec sérieux. Ce qui coince, c’est l’idée (puisqu’il parait que le goût est tout à fait honorable...). Avec l’idée de viande synthétique c’est à notre culture que l’on porte l’estocade !

Quid des cotes de bœuf et barbecues conviviaux ? Faudra -t-il jeter nos belles images de prairies tachetées de bovins ? Ne plus imaginer la passion des éleveurs à engraisser de belles bêtes qui font leur fierté ? Au Nantes Food Forum, le public fait l’effort d’imaginer, mais le doute plane au-dessus de l’assemblée.

Sans élevage, plus de prairies

« La viande sans animaux, c’est comme les salades produites en ville dans des hors-sol verticaux : quelle saveur surtout, quel coût de production ? ». Christiane Lambert, présidente de la Fnsea, affiche le pragmatisme du milieu agricole. Bernard Lanne, président de la Coordination Rurale, un autre syndicat agricole, lui emboite le pas : « Je ne suis pas emballé par la viande synthétique. On réduit tout à la seule production du steak. Que deviennent les millions d’hectares de prairies en France, qui jouent sur la qualité de l’eau, de l’environnement, les paysages… ? ».

Alors, piste à suivre, mais sans emballement ? Sans doute. La viande synthétique séduira peut-être prioritairement des populations qui n’ont pas ou peu d’historique alimentaire avec la viande. Mais il y en a peu… La technologie entrera dans nos assiettes, certainement, mais à petits pas et de façon très éparpillée dans le monde.

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