Aliments : l’essor des aliments « sans »

Sans gluten, sans huile de palme, sans lactose… Les aliments “sans” n’en finissent plus de séduire les consommateurs. Une mode chasse l’autre. Marketing ou raison de santé ? Au Cfia, nous avons mené l’enquête...

La mode des aliments "sans" remplace les produits avec additifs
La mode des aliments "sans" remplace les produits avec additifs
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Après les années « avec » (vitamines, oligo-élements…), sont apparus les produits allégés (en sucre, en graisse, en sel). Puis la mode du « sans » a fait son entrée. Les ventes sont en forte croissance. Le lait sans lactose, le pain, les biscuits, les céréales du petit déjeuner sans gluten, le steak sans viande… « Ces aliments tendance représentent encore de faibles volumes mais sont en fort développement ». Au CFIA 2017, le salon international des Fournisseurs de l’Agro-alimentaire, on confirmait le lancement de nombreux produits « sans » dans les gammes vendues en GMS. « Avec un risque d’encombrement des marchés, qui pourra être un frein, si trop d’acteurs de la filière alimentaire se jettent ensemble dans la tendance ».

Le consommateur veut des aliments naturels

Qui achète ces produits ? Des personnes aisées, plutôt en couple, avec une gamme d’âge élargie : 35-49 ans et des personnes plus agées. Leur motivation ?  Du naturel. Saturés d’information sur les risques toxiques et chimiques des produits qui nous entourent, dont une partie des aliments, les consommateurs aspirent aujourd’hui à consommer plus sain. « Les gens veulent du naturel : sans colorant artificiel, sans Ogm, sans arome artificiel… voire du bio ». Les familles avec jeunes enfants étant les plus sensibles à l’attrait du bio

Argument marketing ou santé ?

Les deux. Le gluten a été mis sur la sellette par des nutritionnistes américains à la fin du XXème siècle déjà. Ils préconisaient un retour à un régime paleolitihique, celui de nos ancêtres chasseurs-ceuilleurs. L’explosion du gluten-free est due à un malade américain, Scott Adams, souffrant de maladie coeliaque et confronté à l’époque au manque d’aliment sans gluten. Son site d’information (coeliac.com), destiné à renseigner d’autres malades, à démocratiser le gluten-free outre-Atlantique.

Il s’agit donc, au départ, d’un aliment destiné à des personnes malades. Quand la France s’empare du sujet, en 1996, un médecin, Jean Seignalet, met en avant le régime sans gluten, mais aussi sans lactose. Il publie un livre qui sera réédité plusieurs fois. Le régime sans gluten explose aux Etats-Unis et connait un bel essor en France, quoique moins fort. L’Afdiag, Association française des Intolérants au Gluten, estime néanmoins que seulement une personne sur 100 en Europe et aux États-Unis souffre de maladie coeliaque.

Effet de mode

A ce stade, il ne s’agit plus d’alimentation pour personnes malades, mais bien d’un effet de mode. Echaudé par une alimentation devenue plus industrielle, chimique et mystérieuse, les consommateurs aspirent à retrouver des produits plus authentiques. Le recours à des variétés de céréales plus anciennes satisfait ce nouvel engouement. La prochaine édition du CFIA, qui se tiendra à Rennes en 2018, nous dira si l’engouement pour les aliments « sans » se maintient…

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