Méthanisation collective :12 éleveurs produisent biogaz et chaleur dans le Morbihan

Ils l’ont fait collectivement. Douze agriculteurs morbihannais ont mis sur pied une installation de méthanisation, qui valorise les matières organiques de leurs exploitations et de leur territoire : déjections animales, déchets verts de collectivité. Le recyclage est gagnant avec une production continue de biogaz et engrais naturel.

 

Deux digesteurs transforment déjections et déchets verts

Le principe est vertueux. Douze exploitations d’élevage de la Chapelle Caro et des communes environnantes (Morbihan), apportent fumier et lisier bovins, porcins et de volailles, sur le site de l’unité de méthanisation. Ils y ajoutent des couverts végétaux méthanogènes, tels que Ray-grass et avoine diploïde. Les collectivités locales se sont également engagées dans cette production d’énergie durable, en confiant leurs déchets verts à la toute nouvelle unité de méthanisation. Le tout est brassé dans deux digesteurs, aux dômes sphériques, maintenus à bonne température. La méthanisation offre deux produits en sortie : biogaz et digestat.

Complément de revenu par l’électricité produite

Ce biogaz est valorisé en cogénération, qui le transforme en électricité. Revendue à EDF, elle apporte un revenu complémentaire aux exploitations engagées. De plus, un réseau de chaleur alimente un site industriel important, sité au pied de l’unité de méthanisation. « Notre usine de galvanisation, Prestia, est consommatrice de l’énergie restante,- après production d’électricité- sous forme d’eau chaude à 80 degrés Elle permet le chauffage des bains pour le zinc en fusion ». Pour Christian Wozniak, directeur du site industriel, ce partenariat représente un pas de plus dans une démarche globale de respect de l’environnement. « C’est 10% d’énergie verte pour notre entreprise, un engagement supplémentaire dans le recyclage et le respect de l’environnement, en plus de notre certification 14001 ( normes environnementales). On va dans le sens d’un avenir plus vertueux sur nos territoires ». Le directeur ne cache pas son admiration pour les agriculteurs qui sont su mené à bien cette belle aventure.

Des digesteurs sortent donc du biogaz et… des digestats. Stockés, séchés, ils deviennent de parfaits engrais naturels, utilisables dans les champs, localement ou vendues et exportées dans d’autres régions.

Création d’emploi à la clé

Imaginée en 2012 et mise en fonctionnement en janvier 2017, l’unité de méthanisation a mis en lien de nombreux partenaires, tant pour les études préalables, techniques, économiques, que le financement, la réalisation et la mise en route : l’Association Aile, la Chambre d’Agriculture, l’Ademe… Un emploi a été créé, spécialement pour faire tourner l’unité, qui nécessite un pilotage au quotidien. « L’unité conforte aussi les adhérents-agriculteurs, par le complément de revenu permis ; par l’appel à la Cuma de l’Oust, sollicitée pour le transport des matières méthanisables.

Sujet sensible auprès du public

Sujet sensible, la méthanisation  est souvent mal connue du grand public, qui peut parfois redouter l’émergence d’un tel projet. Des portes ouvertes estivales ont permis  d’informer le grand public sur le processus de méthanisation. Et sur les synergies mises en oeuvre sur le territoire autour de l’unité de la Chapelle Caro. Le 23 juin, des personnalités sont venues apporter leur soutien à cette réalisation collective :  Paul Molac, député et conseiller régional, Gilles Petitjean, directeur régional de l’Ademe, Laurent Kerlir, président de la chambre agriculture 56 Morbihan, Armelle Damiano directrice de Aile, Jean-Michel Roger, président de la Fdcuma 56. Etaient présents, pour répondre aux questions, les douze exploitants engagés, ainsi que Pierre Daniel, directeur des Energiculteurs de l’Oust et cheville ouvrière du projet.

Vos contenus toujours à jour !

Contactez-nous